Accueil > Enfant malade > La médecine parallèle pour les troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité

La médecine parallèle pour les troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité

Qu’est-ce que le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité?

Le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité, ou TDAH, est un problème qui a tendance à être de famille. Le TDAH peut influer sur le comportement au point de rendre le fonctionnement quotidien difficile.

Les enfants et les adolescents ayant un TDAH :

  • ont de la difficulté à être attentifs;
  • ont de la difficulté à terminer leur travail,
  • sont impulsifs et peuvent agir sans réfléchir,
  • ont de la difficulté à respecter des directives,
  • ont de la difficulté à gérer leurs émotions,
  • ont de la difficulté avec les transitions ou les changements,
  • sont facilement distraits.

Les symptômes précis sont différents d’un enfant à l’autre, mais ils peuvent provoquer des problèmes à l’école, avec les relations (amis, membres de la famille) et sur le plan de l’estime de soi.

Comment peut-on traiter le TDAH?

Grâce au traitement, les enfants ayant un TDAH sont mieux en mesure de vivre avec leurs symptômes et de les prendre en charge. Le traitement du TDAH peut inclure :

  • l’éducation et l’acquisition de compétences pour les parents,
  • des stratégies pour comprendre et améliorer les aptitudes sociales de l’enfant,
  • des programmes spéciaux pour aider l’enfant à l’école,
  • les médicaments.

Les médicaments les plus utilisés pour traiter le TDAH s’appellent des stimulants.

Comment les médecins prennent-ils des décisions sur les thérapies à recommander?

Les médecins lisent et examinent régulièrement les études scientifiques. Les études publiées dans les revues médicales doivent respecter certaines normes avant que les médecins les utilisent pour prendre des décisions. De plus, les médecins assistent régulièrement à des séminaires de perfectionnement professionnel pour en savoir plus au sujet des traitements et de la qualité de leur fonctionnement.

Qu’en est-il des thérapies parallèles?

Vous avez peut-être vu des publicités dans des magazines, dans Internet ou à la télévision au sujet des thérapies parallèles, qui prétendent traiter le TDAH. Certaines publicités prétendent même que le produit ou le traitement présenté est plus sécuritaire ou fonctionne mieux que les médicaments prescrits par les médecins.

Dans la plupart des cas, les thérapies parallèles ne s’associent malheureusement pas au même type d’analyse bibliographique ou de tests que les médicaments habituellement utilisés pour traiter les TDAH. Puisque l’étude des thérapies parallèles ne respecte pas les mêmes normes, rien ne garantit que ces thérapies soient plus sécuritaires ou qu’elles fonctionnent aussi bien que les médicaments.

D’après, les données scientifiques sur les thérapies parallèles, les parents devraient être prudents et bien informés avant d’essayer ces traitements. Bon nombre peuvent causer des effets secondaires, et certains peuvent être dangereux. Parlez avec votre médecin avant d’essayer une thérapie parallèle pour traiter le TDAH de votre enfant.

Que sait-on au sujet des thérapies parallèles?

Voici ce que nous savons au sujet des thérapies qui ont fait l’objet de promotions pour remplacer les médicaments.

Les thérapies qui peuvent être utiles :

  • Les acides gras essentiels, tels que l’huile de poisson ou l’huile de primerose, peuvent avoir certains avantages pour les enfants ayant un TDAH, mais il reste beaucoup de recherche à faire.

Les thérapies expérimentales :

  • Le biofeedback prétend aider les gens à contrôler leurs réactions. Il exige un énorme engagement de la part de toute la famille, sans compter qu’il est très coûteux. Des études qui évaluent si le biofeedback fonctionne ont été menées sur de très petits groupes d’enfants, et les résultats ne sont pas clairs. Il est encore considéré comme un traitement expérimental.

Les thérapies dont l’utilité n’est pas démontrée :

  • Les modifications au régime alimentaire peuvent aider un petit groupe d’enfants qui souffrent d’allergies, de sensibilité alimentaire ou de migraines. Cependant, peu de données probantes indiquent qu’un régime sans sucre ou sans additifs contribue à réduire les symptômes de TDAH. Les enfants ont besoin d’un régime équilibré comportant des aliments des quatre groupes alimentaires, comportant des légumes et des fruits, des produits céréaliers, du lait et des substituts, ainsi que de la viande et des substituts. Si vous désirez tenter de modifier le régime de votre enfant, parlez-en avec votre médecin pour vous assurer de faire le bon choix. Votre médecin s’assurera aussi de vérifier si le nouveau régime fonctionne.
  • Les suppléments de vitamines : Aucune preuve scientifique n’indique que les suppléments de vitamines peuvent contribuer à traiter le TDAH. Cependant, si votre enfant ne prend pas assez de certaines vitamines ou de certains minéraux (comme le fer, le magnésium ou le zinc), il aura peut-être besoin d’un supplément. Parlez-en avec votre médecin. Il pourra faire des analyses sanguines avant de recommander les suppléments de vitamine qui conviennent à votre enfant.
  • Les herbes peuvent avoir un effet calmant, et certaines études révèlent qu’elles jouent peut-être un rôle dans la mémoire et la réflexion, mais aucune n’a été démontrée comme utile pour soulager les principaux symptômes du TDAH. Puisque les produits d’herboristerie ne sont pas réglementés, les fabricants n’ont pas besoin de respecter des règles précises en matière de sécurité des produits. Informez-vous auprès de votre pharmacien de la pureté du produit (sa puissance), de sa sécurité et de sa toxicité (s’il peut causer des dommages).
    • La valériane, parfois utilisée pour atténuer les problèmes de sommeil et l’anxiété, peut provoquer des maux de tête.
    • Les algues bleu vert peuvent causer des maux d’estomac, de la faiblesse et des fourmillements.
    • On dit du ginkgo biloba qu’il contribue à la fonction cérébrale, mais il peut aussi être responsable de maux de tête, d’étourdissements, de palpitations, de maux d’estomac et d’éruptions cutanées. N’utilisez pas de gingko biloba pour les enfants qui ont des troubles de coagulation.
  • Les antioxydants, également appelés remèdes contre le vieillissement, contribuent à protéger les cellules nerveuses. Ils n’ont toutefois aucun effet direct démontré sur les symptômes du TDAH.
    • Aucune donnée probante n’indique que le pycnogénol fonctionne, et il ne faudrait pas l’utiliser chez les enfants ayant un diagnostic de troubles sanguins.
    • La mélatonine peut réduire les troubles du sommeil, mais peut également causer des maux de tête, de la fatigue, de l’irritabilité et de la somnolence. Elle a déjà déclenché des convulsions et retarde peut-être la puberté.
  • L’hypnothérapie peut être utile contre des symptômes courants du TDAH.
  • L’homéopathie fait appel à une combinaison d’extraits de plantes, d’animaux ou de minéraux. Aucune étude n’a démontré que l’homéopathie fonctionne pour traiter le TDAH.
  • La visualisation, le traitement oculovestibulaire, la formation par le son : Aucune donnée probante ne révèle que l’un ou l’autre de ces traitements fonctionne contre le TDAH.

Renseignements fournis par la SCP

Pour en savoir plus au sujet du TDAH :

Pour en savoir plus au sujet des thérapies parallèles :


Révisé par les comités suivant de la SCP :
Le comité de la santé mentale et des troubles du développement


Mise à jour : janvier 2012



 

Ces renseignements ne doivent pas remplacer les soins et les conseils médicaux de votre médecin. Ce dernier peut recommander des variations au traitement tenant compte de la situation et de l'état de votre enfant.

Société canadienne de pédiatrie
2305, boul. St. Laurent
Ottawa (Ontario) K1G 4J8
téléphone : 613-526-9397; télécopieur : 613-526-3332

Droits d’auteur © 2012 - Société canadienne de pédiatrie www.cps.ca - info@cps.ca